Que mettre dans le compost : la liste déchet par déchet
Le composteur est installé, le seau de cuisine est en place, et c’est là que les vraies questions commencent : ce reste de poulet, ce trognon de pain, cette poignée de thuya, ces pissenlits montés en graines — ça passe, ou pas ? L’enjeu n’est pas mince, puisque chaque Français produit en moyenne 129 kilos de déchets alimentaires par an selon l’ADEME, dont 63 kilos de pur gaspillage. Voici de quoi trancher seau en main, sans tableau à imprimer.
Ce qui part au compost sans réfléchir
Du côté de la cuisine, la règle est plus large qu’on ne le croit : l’ADEME affirme que tous les aliments se compostent, et range dans les apports courants les épluchures, les fruits et légumes abîmés, les restes de repas, le pain, les produits laitiers, le marc de café et les sachets de thé. Pas besoin de trier vos épluchures : elles forment la base humide du tas.
Du côté du jardin, Jardiner Autrement, éditée par la Société nationale d’horticulture de France avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, distingue deux familles. Les matières azotées, dites vertes : tonte fraîche, feuilles, plantes, coquilles d’œufs broyées, marc de café. Les matières carbonées, dites brunes : feuilles mortes, tailles de haies, petites branches broyées, herbes sèches, coquilles de noix, papiers et cartons. Vos deux grandes sources de brun sont gratuites et saisonnières : les feuilles mortes d’octobre, et les rameaux que vous récupérez en suivant les fenêtres de notre article sur quand tailler une haie.
L’essentiel n’est pas la liste, c’est l’alternance. Jardiner Autrement recommande des couches successives où le sec représente de la moitié aux trois quarts du mélange — d’autres sources avancent des proportions différentes, signe qu’aucun dosage n’est à respecter au gramme. Retenez le geste : chaque seau de cuisine se recouvre d’une poignée de matière sèche. Le reste de la conduite du tas (aération, humidité, maturation) est détaillé dans notre guide pour réussir son compost.
Ce qui s’y met, mais à petite dose
Certains déchets ne sont pas interdits, ils sont simplement encombrants pour un tas domestique. L’ADEME classe en petites quantités, idéalement broyés, les os et restes de viande, les arêtes et peaux de poisson, les coquillages et coquilles d’œuf, les coques et noyaux de fruits. Jardiner Autrement est plus prudente encore sur viande, poisson et fromage, à n’apporter qu’en très faible quantité. La raison est pratique : ces matières attirent rongeurs et mouches, et un noyau d’abricot entier ressortira intact du compost mûr.
Même prudence pour la tonte de gazon, excellente matière verte mais traîtresse en couche épaisse : elle se tasse, chauffe, et tourne en galette fermentée. Étalez-la par fines couches entre deux apports de brun, et gardez en tête qu’un paillis d’herbe fraîche au ras des jeunes plants est aussi un abri à gastéropodes, comme nous l’expliquons à propos des limaces au potager.
Ce qui n’a rien à y faire
La liste des refus est courte et nette. L’ADEME exclut les huiles alimentaires usagées et tout ce qui n’est pas alimentaire : verre, métaux, plastiques. Jardiner Autrement y ajoute les litières d’animaux et le charbon de bois.
Deux cas méritent une explication, parce qu’ils se jouent au niveau de la température. Les plantes malades risquent de contaminer le compost, et avec lui vos futures plantations : seul un passage à 70 °C pendant plusieurs jours assainirait le tas, et Jardiner Autrement précise que l’amateur l’atteint rarement. Même logique pour les adventices montées en graines : un tas domestique ne monte pas assez haut pour les détruire, et vous les ressemez en épandant. Ces deux-là partent en déchetterie, pas dans le bac.
Si vous compostez en lombricomposteur, ajoutez une réserve : l’ADEME signale que les agrumes et l’ail risquent de tuer les vers. En tas de jardin, la question ne se pose pas.
Le bon moment pour prendre le pli
Trier ses biodéchets n’est plus une option : depuis le 1er janvier 2024, rappelle le ministère de la Transition écologique, les collectivités doivent proposer à tous les habitants une solution de tri à la source, en application de la loi anti-gaspillage de 2020. Les biodéchets pèsent un tiers des déchets non triés des ménages français : le composteur du fond du jardin absorbe la plus grosse part de la poubelle.
Octobre vous donne l’occasion de bien démarrer. Ramassez les feuilles mortes qui tombent en ce moment, stockez-les en sacs à côté du bac, et puisez-y à chaque passage de cuisine tout l’hiver — c’est le geste de saison que nous inscrivons déjà dans le calendrier que faire au jardin en septembre. L’erreur qui gâche les premiers mois n’est jamais un déchet interdit : c’est le seau d’épluchures vidé d’un bloc, sans rien dessus.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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