Réussir son compost : matières, équilibre et erreurs à éviter

Par Hélène Vasseur · Publié le

Composteur en bois ouvert dans un coin de jardin ombragé, fourche plantée dans un mélange d'épluchures et de feuilles mortes

Le compost est le seul amendement qui ne coûte rien, ne se transporte pas en sac et s’améliore avec le temps. Il transforme épluchures, tontes et feuilles mortes en une matière sombre et grumeleuse dont toutes les plantes du jardin profitent. Et l’enjeu dépasse le potager : selon Les Alchimistes, les biodéchets représentent environ un tiers de nos poubelles, soit près de 100 kilos par personne et par an, qui peuvent nourrir les sols au lieu de partir à l’incinération. Voici comment le réussir du premier coup.

Choisir sa méthode et son emplacement

Il n’existe pas une façon de composter, mais plusieurs, à choisir selon votre espace. Les Alchimistes en recensent quatre : le compostage en tas, le bac à compost, le lombricomposteur pour l’intérieur, et le composteur partagé de quartier quand on n’a ni jardin ni balcon. Pour un jardin familial, le bac ou le tas font parfaitement l’affaire ; le choix du contenant compte moins que la conduite du mélange.

L’emplacement, lui, obéit à deux règles de bon sens : posez votre composteur à même la terre, jamais sur une dalle, pour que vers et micro-organismes puissent coloniser le tas, et gardez-le à distance raisonnable de la cuisine. Un composteur qu’il faut traverser tout le jardin pour atteindre sous la pluie finit toujours abandonné.

La règle d’or : équilibrer vert et brun

Tout l’art du compost tient dans l’équilibre entre deux familles de matières. Les Alchimistes donnent la proportion à viser : environ deux tiers de matières humides riches en azote, les « vertes » (épluchures, restes de fruits et légumes, tontes fraîches, fanes), pour un tiers de matières sèches riches en carbone, les « brunes » (feuilles mortes, brindilles, carton brut, essuie-tout). Alternez les apports en couches plutôt que de vider dix litres d’épluchures d’un bloc, et conservez à côté du bac une réserve de matières brunes pour couvrir chaque apport de cuisine.

Certains déchets restent à l’écart : Les Alchimistes déconseillent viande, poisson et os dans un composteur domestique, où ils attirent les rongeurs et tournent mal. En cas de doute sur un déchet, abstenez-vous : un compost plus simple est un compost plus sûr.

Aérer, humidifier, patienter

Un tas bien nourri a encore besoin d’air et d’eau. Retournez ou brassez le mélange régulièrement à la fourche pour l’oxygéner : sans air, la décomposition bascule en fermentation, et c’est là que naissent les mauvaises odeurs. Côté humidité, le guide de Du jardin dans ma vie propose un test infaillible : pressez une poignée de compost dans la main. Si l’eau s’écoule librement, le tas est trop humide et réclame des matières brunes ; s’il ne sort rien du tout, il est trop sec et il faut l’arroser ; si une goutte perle entre les doigts, l’équilibre est bon.

Reste la patience. La même source annonce de 6 à 18 mois pour obtenir un compost mûr, selon l’énergie que vous mettez à le retourner. Le produit fini se reconnaît sans analyse : sombre, friable, avec une franche odeur de sous-bois et plus aucun déchet identifiable.

L’automne, saison en or pour commencer

Si vous lisez ceci à la rentrée, vous tombez bien : l’automne fournit d’un coup les deux carburants du compost, les derniers déchets verts du potager et un stock de feuilles mortes qui couvrira les besoins en brun de toute l’année. Mettez les feuilles en réserve dans des sacs à côté du bac, et piochez-y à chaque apport de cuisine. Le lancement du compost figure d’ailleurs en bonne place dans notre calendrier que faire au jardin en septembre.

À la sortie de l’hiver, votre premier compost mûr trouvera preneur partout : incorporé aux planches de légumes au moment de préparer votre potager, mélangé à la terre des trous de plantation des bulbes et vivaces du jardin d’ornement, ou étalé en surface au pied des arbustes. C’est le même geste qui vide vos poubelles, nourrit votre sol et vous dispense d’acheter des sacs d’amendement : peu de pratiques du jardin rapportent autant pour si peu d’efforts.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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