Limaces au potager : les solutions naturelles qui marchent

Par Hélène Vasseur · Publié le

Gros plan sur de jeunes plants de salade alignés dans la terre brune et humide d'une planche de potager, au ras du sol

Vous semez une planche de mâche un samedi soir, et le dimanche matin il ne reste que les tiges. Les pluies de septembre ramènent les limaces sur les semis d’automne au moment où ils sont le plus tendres. Personne ne les fera disparaître d’un jardin, et c’est tant mieux : l’objectif est de ramener les dégâts sous le supportable. Voici dans quel ordre s’y prendre.

Savoir qui mange vos salades

Jardiner Autrement, éditée par la Société nationale d’horticulture de France avec l’Office français de la biodiversité, désigne deux coupables : la petite limace grise, ou loche, qui s’attaque aux graines germées et aux jeunes feuilles, et la limace noire dite horticole, qui abîme en plus bulbes et rhizomes. Vilmorin recense plus de quarante espèces en France, dont une poignée seulement pose problème. Leurs cibles : laitues, choux, fraisiers et tout ce qui vient de lever, soit la liste des légumes faciles à cultiver par lesquels on débute un potager.

Toutes ne sont pourtant pas des adversaires : Silence, ça pousse ! rappelle que ces gastéropodes décomposent la lignine et la cellulose et aèrent le sol, et que la grosse limace marbrée, dite limace léopard, se nourrit surtout de matière en décomposition. La ponte, elle, a lieu à une dizaine de centimètres de profondeur : les hivers doux et les périodes pluvieuses gonflent les populations suivantes.

Assécher le terrain avant de poser des barrières

Une limace se déplace sur un film d’humidité : la première mesure ne coûte rien, c’est l’arrosage. Vilmorin conseille d’arroser le matin plutôt que le soir, pour que le sol soit sec à la nuit tombée ; écoconso précise la manière : peu souvent mais abondamment, en évitant le paillage épais au pied des cultures sensibles. Même avertissement chez Jardiner Autrement, qui vise les tontes fraîches : un paillis humide au ras des jeunes pousses est un abri, pas une protection. Attendez que les plants soient endurcis, puis paillez avec les matières brunes que vous réservez pour réussir votre compost.

Viennent ensuite les barrières sèches, en cordon continu autour du plant : cendre de bois, sciure, aiguilles de pin, coquilles d’œufs broyées, pouzzolane. Elles agissent par abrasion et assèchement, donc par temps sec uniquement, et Vilmorin précise qu’il faut les renouveler après la pluie. Le ruban de cuivre, qui réagit au mucus, tient plus longtemps : réservez-le aux pots et aux godets, que surélever met déjà hors de portée.

Ramasser, piéger, déjouer

Jardiner Autrement recommande de passer au crépuscule sur les plantes attaquées, et de piéger les limaces au sol sous des tuiles posées près du potager. Une planche humide ou un pot retourné rendent le même service, à relever le matin, en bordure plutôt qu’au milieu des planches. Les plantes-pièges complètent le dispositif : capucine, souci, laitue sacrifiée ou hosta, plantés à l’écart des cultures.

Les pièges à bière, eux, ne font qu’une partie du travail : Silence, ça pousse ! est explicite sur leur efficacité seulement partielle, et écoconso rappelle qu’ils doivent être renouvelés chaque jour. Si vous en posez, éloignez-les des semis et laissez le bord dépasser, pour ne pas noyer les carabes.

Laisser travailler les prédateurs

Ce sont eux qui assurent le travail de fond : carabe doré et carabe violet, hérisson, crapaud, poules et canards, énumère Jardiner Autrement, auxquels écoconso ajoute oiseaux et micromammifères. Rien de tout cela ne s’achète : un tas de bois dans un angle tranquille, un point d’eau, quelques herbes hautes non fauchées et un passage sous la clôture suffisent à installer la troupe. Un geste de rentrée, à ajouter aux travaux de notre calendrier que faire au jardin en septembre.

Quand les dégâts dépassent le supportable

Depuis le 1er janvier 2019, rappelle Jardiner Autrement, les jardiniers amateurs ne peuvent plus acheter, utiliser ni stocker de pesticide chimique : restent les produits de biocontrôle, à faible risque ou utilisables en agriculture biologique, portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les granulés au phosphate de fer, cités par écoconso, s’épandent en cordon autour des plants et à la dose portée sur l’emballage, jamais en tapis ni au contact des légumes. Les nématodes Phasmarhabditis hermaphrodita, parasites spécifiques des limaces, s’arrosent au sol : le distributeur Bioinsecte demande 10 °C de moyenne sur 24 heures et un sol humide quatre semaines, pour une protection d’environ six semaines — septembre est une bonne fenêtre.

Le rendez-vous suivant tombe en plein hiver : par un après-midi sec de décembre ou de janvier, passez la griffe sur les planches vides et sur la terre libérée en plantant vos bulbes de printemps — vous remontez les pontes à l’air libre, où le gel et les oiseaux s’en chargent. C’est le geste le moins spectaculaire de la liste, et le seul qui travaille pendant que le jardin dort.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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