Acheter des graines potagères bio : ce que dit le sachet

Par Hélène Vasseur · Publié le

Plusieurs sachets de graines en papier kraft étalés sur une table en bois à côté d'un carnet ouvert, de graines de courge en vrac et d'un sécateur, lumière d'hiver

Un sachet de graines coûte quelques euros, et c’est pourtant la décision la moins réversible de la saison : une variété mal choisie en janvier se paie en juillet, à la récolte. La mention « bio » n’y dit d’ailleurs pas ce que la plupart des acheteurs croient qu’elle dit. Voici ce qu’elle certifie exactement, les mentions qui font foi au dos de l’emballage, et le second circuit de vente — légal depuis 2020 — où se trouvent les variétés absentes des rayons.

Ce que « bio » certifie, et ce qu’il ne certifie pas

Le label ne porte pas sur la graine que vous tenez, mais sur la façon dont la plante qui l’a produite a été cultivée. Vilmorin résume la règle : les plantes servant à la multiplication des semences biologiques doivent être cultivées conformément aux règles de l’agriculture biologique, pendant au moins une génération. Sur la parcelle de multiplication, pas de pesticide de synthèse.

La conséquence déçoit souvent : une graine bio ne donne pas une plante plus résistante aux maladies qu’une graine conventionnelle de la même variété. La certification décrit un mode de production, pas une qualité de la plante. Le semencier précise aussi que les semences vendues en sachet ne sont que très rarement traitées après la récolte, et qu’un traitement éventuel est obligatoirement mentionné sur l’emballage.

Le vrai arbitrage est ailleurs : les parcelles de multiplication conduites en bio restent minoritaires, donc le choix de variétés y est plus étroit. Si vous cherchez un type de tomate précis, vous le trouverez parfois en conventionnel seulement. Si vous tenez à ne rien faire entrer de traité dans vos planches de potager, le bio tranche la question dès l’achat.

Les mentions qui font foi au dos du sachet

C’est le dos du sachet qui informe, jamais la photo de face. SEMAE, l’interprofession des semences, liste les mentions qu’un sachet de semences potagères doit obligatoirement porter : la mention « Règles et normes CE », le nom de l’espèce et le nom complet de la variété, le grammage en poids ou en nombre de graines, le numéro de lot, la catégorie de semences — « semences standard » ou « St » sur les petits emballages —, la raison sociale et l’adresse du conditionneur, et l’indication de la matière active en cas de traitement chimique. La même source rappelle que la photo de la variété et sa description ne sont, elles, pas obligatoires : elles n’engagent que le conditionneur.

Pour le bio, deux logos à distinguer. L’Eurofeuille européenne est obligatoire, le logo AB français est facultatif : un sachet sans AB peut être parfaitement certifié. Ce qui compte se lit juste sous l’Eurofeuille, où figure le code de l’organisme certificateur. Ecocert en donne le format : un code commençant par FR-BIO suivi de deux chiffres. Pas de code, pas de certification — quel que soit le nombre de fois où le mot « naturel » apparaît sur la face avant.

Notez enfin le numéro de lot avant de jeter le sachet : c’est la seule référence utile si une levée se révèle catastrophique.

Variétés anciennes : le second circuit, ouvert depuis 2020

Beaucoup de jardiniers cherchent des variétés qu’aucune jardinerie ne vend. Elles existent légalement, par une autre porte. Le ministère de l’Agriculture indique que depuis le 10 juin 2020, la vente directe aux particuliers de semences de variétés non protégées par un droit de propriété intellectuelle bénéficie d’un allègement réglementaire : il n’y a plus d’exigences en matière d’inscription au catalogue de la variété, d’étiquetage ou de taux de germination, seul le respect des règles sanitaires s’appliquant. L’allègement vaut pour les usages non commerciaux.

Autrement dit, chez une association de sauvegarde ou un semencier artisanal, un sachet dépourvu des sept mentions ci-dessus n’est pas forcément hors la loi : il relève de ce régime. La contrepartie est réelle — aucun taux de germination garanti, donc semez plus dense et prévoyez une seconde fournée pour les semis sous abri de début de printemps. Pour mémoire, SEMAE compte plus de 9 000 variétés et 190 espèces au catalogue officiel français, dont plus d’un millier de variétés du domaine public : le circuit classique n’est pas vide, lui non plus.

Commandez maintenant, pas en mars

L’hiver est le bon moment : les ruptures n’ont pas encore eu lieu et le colis arrivera avant les premiers semis. L’erreur la plus courante n’est pas d’acheter trop cher, c’est d’acheter trop : un sachet de radis contient de quoi semer bien plus de rangs qu’un potager familial n’en accueille en une saison.

Posez donc la commande planche par planche : deux ou trois variétés de légumes faciles à cultiver en quantité suffisante valent mieux que douze sachets entamés. Et rangez-les aussitôt au sec, au frais et à l’obscurité, dans une boîte fermée — pas sur une étagère d’abri de jardin, où l’humidité de février aura raison des graines avant que vous n’ayez décidé quand planter les tomates.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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